Une rotation de plus…
Hier, nous avons assisté à une nouvelle rotation, et pas des moindres : le Nasdaq a perdu plus de 2,5%, tandis que le Philadelphia Semiconductor Index a chuté de 6,7%. Le Dow Jones a connu pour sa part une évolution pour ainsi dire stable, tandis que les "small caps" du Russell 2000 ont clôturé la session aux alentours de leur niveau initial. En d’autres termes, il s’agissait bel et bien d’un repositionnement au détriment du complexe technologique, au profit de secteurs plus défensifs comme les services aux collectivités, les soins de santé et les biens de consommation de première nécessité. Autrement dit, du créneau qui s’était montré le plus dynamique pendant la plus grande partie de l’année vers un pan plutôt dormant du marché… Nous ne saurions insister assez sur la transformation radicale que le marché a subie au niveau sous-jacent. Jusqu’il y a peu, c’était aux "Magnificent Seven", les plus grandes entreprises technologiques, que revenait le statut de valeurs refuges. Aujourd’hui, ce rôle revient à nouveau aux havres de paix plus classiques, à savoir les secteurs défensifs.
Les actions de l’IA sous pression
De héros du marché vénérés par les investisseurs, les géants technologiques sont donc soudain devenus un groupe qui n’a apparemment plus rien à offrir. S’ils annoncent trop peu de nouvelles dépenses en capital ou d’investissements additionnels au profit du déploiement de l’IA, c’est tout l’écosystème de l’IA qui se retrouve sous pression parce que le marché s’imagine qu’ils ne construiront plus de nouveaux centres de données et que la demande de puces électroniques va s’assécher. Mais dès qu’ils parlent de nouveaux investissements, on se met à redouter l’endettement et les cash flows parfois négatifs que ces dépenses impliquent et à se demander si ces investissements pourront un jour être rentabilisés. Autrement dit, il est devenu presque impossible pour ces entreprises de satisfaire le marché. Peut-être la question centrale est-elle en train de devenir celle de la disponibilité du capital… Que ce soit de la part des pouvoirs publics ou des entreprises technologiques, les marchés des capitaux sont en effet sollicités sur tous les fronts (tant au niveau des actions que sur le marché obligataire). Le marché commence donc à craindre que les acteurs concernés ne soient pas tous en mesure d’accéder aux capitaux dont ils ont besoin, ou n’y parviennent qu’en se finançant à des taux beaucoup plus élevés et voient ainsi leurs marges en pâtir. De notre côté, nous partons du principe que la révolution de l’IA ne fait que commencer, et que le marché finira bien par retrouver son équilibre.
Une volatilité croissante à l’approche des élections de mi-mandat
D’un autre côté, il est clair que la volatilité ambiante n’est pas près de disparaître. En marge des soucis au sujet de l’IA, il y a en effet aussi les taux d’intérêt et le prix du pétrole qui jouent des tours aux marchés. Hier, le prix du pétrole est par exemple soudain reparti à la hausse après une nouvelle montée des tensions au Moyen-Orient. Les marchés attendent presque avec impatience les élections de mi-mandat du 3 novembre, non seulement pour en connaître l’issue et voir ainsi une partie de l’incertitude se dissiper, mais peut-être aussi tout simplement comme référence.
De plus, nous nous apprêtons à laisser derrière nous les mois traditionnellement les plus difficiles de l’année pour les actions : l’été, puis septembre et octobre et à amorcer la période de fin d’année, d’ordinaire plus favorable pour les bourses. C'est encore plus vrai pour les 6 et 12 mois qui ont suivi les élections de mi-mandat, qui n'ont jamais été négatives depuis 1950… Le passé n’offre évidemment aucune garantie, mais c’est tout de même encourageant.
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