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Croissance et surprises bénéficiaires historiquement élevées
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20 AOÛT

Croissance et surprises bénéficiaires historiquement élevées

20-8-2026
Patrick Casselman – Senior Equity Specialist
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Rédigé le 20-8-2026 09:23
Publié le 20-8-2026 09:23
Le deuxième trimestre de 2026 a révélé un cycle bénéficiaire plus robuste que prévu aux États-Unis et en Europe, dopé par l’IA, les infrastructures, la défense, une tarification dynamique, le rebond industriel et la solidité des banques.
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Sommaire

  • La croissance des bénéfices aux États-Unis dépasse les prévisions les plus optimistes.
  • En Europe aussi, les résultats ont dépassé les attentes.
  • Réactions mitigées des cours, avec une attention particulière portée aux prévisions et aux ambitions d'investissement.
  • Cette forte croissance bénéficiaire est-elle durable ?
 

La croissance des bénéfices aux États-Unis dépasse les prévisions les plus optimistes

Le deuxième trimestre 2026 a connu aux États-Unis une saison des résultats exceptionnellement robuste, avec 87 % des entreprises dépassant les attentes du consensus et une croissance moyenne des bénéfices en glissement annuel accélérant à 50 %, soit près du double des prévisions. Même en excluant les effets comptables favorables (comme ceux observés chez les géants technologiques Alphabet et Amazon), la croissance atteignait encore 33 %, largement au-dessus du consensus.

Outre des facteurs temporaires tels que les effets de change, les baisses d’impôts et les remboursements de droits de douane, une dynamique sous-jacente solide s’est dégagée : les investissements dans les centres de données, les infrastructures énergétiques et l’IA ont soutenu l’expansion des marges, tandis que le conflit dans le golfe Persique a fait flamber les prix de l’énergie et des matières premières, dopant les profits de ces secteurs et renforçant le pouvoir de fixation des prix ailleurs.

Les plus fortes croissances ont été enregistrées dans la Technologie (portée par l’IA), l’Énergie, les Matières premières, la Finance et l’Industrie, alors que la Santé, l’Alimentation et l’Immobilier sont restés à la traîne.
 

En Europe aussi, les résultats ont dépassé les attentes

Les résultats du deuxième trimestre en Europe ont affiché une croissance inattendue de +24 %, soit environ 6 % au-dessus du consensus et historiquement solide, malgré les craintes liées au conflit au Moyen-Orient, aux prix élevés de l’énergie et à un dollar affaibli.

Les entreprises énergétiques ont fortement contribué, mais les banques (grâce à des marges d’intérêt plus élevées, à la croissance du crédit et aux revenus de commissions) ainsi que l’industrie et les semi-conducteurs ont également surpassé les attentes. La défense et l’électrification (Siemens, Rheinmetall, Schneider) sont restées des moteurs de croissance structurels, portées par les investissements dans les datacenters, les réseaux et les dépenses militaires accrues.

Par ailleurs, l’économie européenne s’est révélée plus résiliente que craint : après trois années difficiles, les secteurs de l’industrie et du bâtiment ont rebondi, bénéficiant aux fournisseurs (chimie, matériaux de construction). Le principal risque reste désormais une nouvelle hausse des taux, susceptible de freiner cette reprise encore fragile.
 

Réactions mitigées des cours, avec une attention particulière portée aux prévisions et aux ambitions d'investissement

Les entreprises ayant relevé leurs perspectives annuelles, notamment grâce à une croissance volumétrique, des marges renforcées ou des carnets de commandes plus solides, ont été récompensées. Cependant, une simple révision à la hausse ne suffisait pas toujours : lorsqu’elle s’accompagnait d’investissements accrus, d’objectifs de marge revus à la baisse ou d’incertitudes sur la rentabilité, les investisseurs adoptaient une attitude prudente.

Réactions de marché paradoxales aux USA. Malgré des chiffres bénéficiaires robustes, l’action américaine médiane a reculé d’environ 0,5 % le jour de la publication – signe d’attentes élevées et de prises de bénéfices, plutôt que d’une faiblesse fondamentale. Les valeurs liées à l’IA ont fait l’objet d’un examen plus critique : seules les entreprises associant investissements à une croissance visible du chiffre d’affaires (comme Amazon et Microsoft) ont été plébiscitées, tandis que Meta et SpaceX ont été pénalisées pour des plans ambitieux sans garantie de rentabilité immédiate. Dans les semi-conducteurs et le matériel informatique, les révisions bénéficiaires marquées ont entraîné une volatilité des cours, en raison des rallyes précédents et des interrogations sur les valorisations.

En Europe: récompenses sélectives. Les surprises positives dans les secteurs bancaire, pharmaceutique, technologique et des services aux collectivités ont été saluées, mais l’automobile, le luxe, la distribution et l’énergie ont déçu. Les investisseurs ne se sont pas contentés des chiffres bruts : ils ont scruté la qualité du chiffre d’affaires, les flux de trésorerie, la discipline capitalistique et la crédibilité des perspectives.
 

Cette forte croissance bénéficiaire est-elle durable ?

Après un deuxième trimestre encore plus solide que prévu, les analystes ont relevé leurs prévisions de croissance bénéficiaire pour l’ensemble de 2026, à +30 % pour les États-Unis et +16 % pour l’Europe. Des taux de croissance aussi élevés ne sont normalement observés qu’en sortie de récession bénéficiaire, comme après la crise du Covid ou la crise financière. On peut donc parler sans hésitation d’une performance exceptionnellement forte. Il semble cependant probable que cette croissance se modère dans les années à venir, par exemple si la vague d’investissements dans l’IA dépasse son pic ou si l’augmentation des amortissements et des charges d’intérêts sur les investissements actuels freine la progression des bénéfices nets.

Avec la publication des résultats de Nvidia la semaine prochaine, un poids lourd du secteur, la saison des résultats touche à sa fin. Les marchés devraient dès lors se recentrer sur les évolutions macroéconomiques, comme l’inflation et les taux d’intérêt.
Un enseignement clé de cette saison des résultats : la croissance bénéficiaire redevient un pilier des marchés actions, mais la valorisation, le positionnement et la discipline capitalistique restent tout aussi déterminants pour les réactions des cours.
 

Chiffres clés du 20/8/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5747,89 -0,19% 13,18%
Europe: Stoxx Europe 600 651,16 -0,11% 9,96%
USA: S&P 500 7707,98 0,21% 12,60%
Japon: Nikkei 65326,42 -3,16% 29,77%
Chine: Shangai Composite 3894,42 -2,40% -1,88%
Hongkong: Hang Seng 25495,07 0,09% -0,53%
Euro/dollar 1,17 0,70% -0,69%
Brent pétrole 91,51 -3,97% 49,16%
Or 4355,75 -0,75% 1,11%
Taux belge à 10 ans 3,82
Taux allemand à 10 ans 3,27
Taux américain à 10 ans 4,64

Source : Factset

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