Sommaire
- L’objectif: développer encore davantage l’infrastructure d’IA.
- Le résultat: une nouvelle classe d’actifs.
- Qu’est-ce que cela signifie pour les investisseurs?
Quel est l’objectif ?
L’objectif est de financer en dehors du bilan de Nvidia les énormes besoins en capitaux induits par la construction des infrastructures d’IA. Cela signifie que les "hyperscalers" et les autres entreprises qui ont besoin de processeurs graphiques (GPU) et de centres de données pourront y accéder par le biais d’emprunts ou de formules de leasing au lieu de les acheter au comptant. Le géant des puces s’engage même à garantir jusqu’à 25% des accords, offrant ainsi à d’autres investisseurs la possibilité de s’impliquer financièrement tout en bénéficiant de cette protection. Á travers cette construction, Nvidia soutient le financement de l’écosystème de l’IA en proposant à ses clients un moyen de lever du capital pour acquérir de l’infrastructure et des puces, et donc de consentir des dépenses qui profiteront directement au chiffre d’affaires de Nvidia elle-même.
C’est ce que l’on appelle le principe de circularité. Selon les estimations de Bank of America, Nvidia contrôlera en 2030 entre 65 et 70% des 1.700 milliards de dollars que représenteront d’ici là les systèmes d’IA. En mettant en place cette plateforme de financement, son objectif est de conserver une longueur d’avance sur ses concurrents, - comme Broadcom - qui nourrissent de semblables projets, et d’ainsi renforcer son avantage. Á l’évidence, il ne s’agit pas du dernier accord du genre qui sera conclu au sein de l’écosystème de l’IA.
La naissance d’une nouvelle classe d’actifs ?
Jensen Huang, le CEO de Nvidia, fait ainsi des centres de données des "actifs finançables", comparables à de l’immobilier commercial. Cette structure de financement donne naissance à un nouveau marché du crédit, couvert par les centres de données eux-mêmes. Et pour les 6 institutions financières qu’il a choisies pour partenaires dans ce montage (Apollo, Blackstone, BlackRock, Brookfield, Goldman Sachs et KKR), il s’agit d’une opportunité d’allouer des capitaux institutionnels à une forme évolutive de GPU et de centres de données.
En considérant les centres de données d’IA comme une classe d’actifs adossée à des actifs générant des flux de revenus effectifs, ce montage esquive le risque de la solvabilité traditionnelle des entreprises puisque les écueils potentiels résident en l’occurrence dans la durabilité des flux de revenus sous-jacents, comme ceux de la location de capacité GPU dans le cloud.
500 milliards de dollars, c’est évidemment énorme, mais il convient de mettre ce montant en perspective. D’une part, la capitalisation boursière de Nvidia s’élève actuellement à quelque 5.200 milliards de dollars. En outre, le financement est opéré en dehors du système bancaire traditionnel, ce qui limite les risques systémiques si les anticipations de marché ne se réalisent pas.
Qu’est-ce que cela signifie pour les investisseurs ?
Des parallèles historiques peuvent être établis avec des bulles spéculatives antérieures et notamment avec l’issue fatale, en 1637 – en plein siècle d’or néerlandais –, de la tulipomanie qui avait attiré des investissements colossaux dans les bulbes de tulipes sans le moindre gain de productivité en contrepartie, et qui s’est soldée par ce que d’aucuns ont qualifié par la suite de première bulle spéculative de l’histoire.
Cet épisode contraste toutefois avec les investissements dans l’IA qui nous occupent aujourd’hui et qui, eux, sont bel et bien productifs. Car même si ce sont d’autres acteurs qui recueilleront par la suite les fruits de la révolution de l’IA, ces investissements contribuent en tout état de cause à l’infrastructure à long terme. Á priori, nous sommes d’avis que ces évolutions seront bénéfiques pour les investisseurs : premièrement parce que les rapports cours-bénéfice des géants de l’IA sont d’ores et déjà inférieurs à leurs moyennes historiques, et ensuite parce que les nouvelles injections de capitaux permettront la construction de nouveaux centres de données, ce qui devrait à terme générer de la croissance bénéficiaire.
La rentabilité future de ces investissements dans l’IA reste certes incertaine, mais ce qui importe à court et moyen terme, ce sont les flux de capitaux colossaux qui viendront alimenter l’écosystème de l’IA et qui pourront soutenir les résultats trimestriels et annuels des entreprises concernées. Nous restons par conséquent convaincus que pour ceux qui envisagent d’investir dans l’IA, il peut se révéler judicieux d’investir dans tout l’écosystème : autrement dit, pas seulement dans les entreprises d’IA, mais aussi dans leurs fournisseurs et dans les entreprises qui en retireront des gains d’efficacité.
Chiffres clés du 19/8/2026
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| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5758,98 |
-0,06% |
13,40% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
651,90 |
-0,69% |
10,08% |
| USA: S&P 500 |
7691,76 |
-0,69% |
12,36% |
| Japon: Nikkei |
67460,73 |
-2,54% |
34,01% |
| Chine: Shangai Composite |
3990,30 |
0,19% |
0,54% |
| Hongkong: Hang Seng |
25471,15 |
0,07% |
-0,62% |
| Euro/dollar |
1,16 |
-0,04% |
-1,38% |
| Brent pétrole |
90,97 |
0,17% |
48,28% |
| Or |
4388,75 |
-0,11% |
1,88% |
| Taux belge à 10 ans |
3,81 |
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| Taux allemand à 10 ans |
3,27 |
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| Taux américain à 10 ans |
4,71 |
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