Sommaire
- Après la FOMO, voici la FOBO.
- Quand les investisseurs allègent leurs positions spéculatives…
- La tendance reste positive.
Après la FOMO, …
Le sentiment à l’égard de l’intelligence artificielle a fondamentalement changé. Il n’y a pas si longtemps, la principale crainte des marchés était la FOMO, la fameuse Fear Of Missing Out : l’idée que l’IA est une nouvelle technologie aussi fantastique que révolutionnaire qui va bouleverser le monde tel que nous le connaissons, et qu’il serait une très mauvaise idée de ne pas y investir pour profiter autant que possible de l’engouement ambiant.
Dans l’intervalle, il est clair que l’IA a un impact sur pour ainsi dire toute l’économie, et c’est tout de même ce que nous attendions tous. L’IA promettait de redessiner tous les processus existants et d’en améliorer l’efficacité, faisant ainsi augmenter la productivité et donc les marges des entreprises. Mais à présent, les investisseurs commencent à prendre conscience que cela signifie aussi que certaines entreprises et souvent des industries entières voire l’économie dans son ensemble en seront ébranlées, et que les leaders de demain ne seront pas nécessairement les mêmes qu’aujourd’hui.
… voici la FOBO
Après la FOMO, le marché est aujourd’hui secoué par une vague de FOBO, la Fear Of Being Obsolete. Tour à tour, les différentes industries sont remises en question. Cela a commencé par le secteur des logiciels, qui après avoir conquis le monde risque à présent d’être lui-même dévoré par l’IA. L’indice des actions des développeurs de logiciels affiche de ce fait le même niveau qu’il y a 5 ans. Ensuite, ce sont les courtiers d’assurances, les gestionnaires de fortune, les agents immobiliers et même les entreprises logistiques qui ont été pris pour cible, et très récemment l’immobilier commercial. Le raisonnement est que si l’humain est remplacé par l’intelligence artificielle, les bureaux deviendront eux aussi superflus. Bref, tout se retrouve sur la sellette. "Shoot first, ask questions later", en quelque sorte. Tout secteur susceptible d’être impacté par l’IA est suspect, et il s’agit somme toute de tous les secteurs. Car comme nous le disions, l’IA aura un impact énorme sur toute l’économie. Comme toujours, la vérité se situera quelque part à mi-chemin. D’un côté, les gains de productivité en général seront considérables. Mais d’un autre côté, il y aura des gagnants et des perdants.
Quand les investisseurs allègent leurs positions spéculatives…
Mais entretemps, cette nouvelle perception des choses engendre une énorme volatilité, même pour certains pans du marché qui n’ont a priori rien à voir avec l’IA, ou en tout cas pas grand-chose. Hier, les matières premières en ont par exemple fait les frais également, y compris l’or et l’argent. Il s’agit là d’un effet purement technique : du fait que certains pans du marché se retrouvent sous pression, certains spéculateurs rencontrent des difficultés et reçoivent des appels de marge qui les obligent soit à apporter des fonds supplémentaires à titre de nantissement, soit à alléger leurs positions. Il est alors aisé de cibler les positions qui ont déjà engrangé des gains substantiels, comme dans le segment des métaux nobles. Et c’est ainsi que la vague de ventes finit par s’étendre à tout le marché…
La tendance reste positive
Cela dit, les fondamentaux n’ont pas changé ces derniers jours. Bien que la correction soit perçue comme abrupte, la plupart des indices affichent encore une évolution positive depuis le début de l’année. Seul le Nasdaq est dans le rouge, ce qui souligne une nouvelle fois la rotation du complexe technologique (en particulier la Big Tech) vers le reste du marché. De plus, tous les indices se maintiennent jusqu’ici confortablement au-dessus de leur moyenne à 200 jours, ce qui confirme que la tendance primaire reste haussière.
Les récentes données macroéconomiques soutiennent cette théorie. L’inflation américaine publiée vendredi était inférieure aux attentes : le CPI a grimpé en janvier de 2,4% en glissement annuel, tandis que l’inflation sous-jacente est elle aussi retombée à 2,5%, son niveau le plus bas depuis début 2021. Les prix de l’énergie et des véhicules d’occasion ont fait baisser l’inflation, tandis que les prix de l’alimentation et de certains biens continuent à augmenter, en partie sous l’effet de la répercussion des taxes douanières.
Cette tendance est fondamentalement positive pour les marchés, mais elle ne change pas grand-chose à la dynamique des derniers jours. La récente volatilité n’est en effet pas due aux données macroéconomiques, mais est surtout dictée par le sentiment, le positionnement et la rotation. Pour l’heure, nous n’avons donc guère d’autre choix que de laisser la correction remplir son office et d’attendre que le marché trouve un équilibre.
Chiffres clés du 2/2/2026 au 6/2/2026
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| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5614.13 |
1.75% |
10.55% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
617.70 |
0.09% |
4.31% |
| USA: S&P 500 |
6836.17 |
-1.39% |
-0.14% |
| Japon: Nikkei |
56941.97 |
5.80% |
13.12% |
| Chine: Shangai Composite |
4082.07 |
0.41% |
2.85% |
| Hongkong: Hang Seng |
26567.12 |
0.03% |
3.65% |
| Euro/dollar |
1.18 |
0.25% |
0.89% |
| Brent pétrole |
67.70 |
-3.90% |
10.35% |
| Or |
4969.30 |
2.04% |
15.35% |
| Taux belge à 10 ans |
3.27 |
|
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| Taux allemand à 10 ans |
2.75 |
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| Taux américain à 10 ans |
4.05 |
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