Sommaire
- Dérapage inflationniste, obligataire et technologique sur les marchés développés
- L’Amérique latine abonde en énergie et en matières premières
- Un continent riche en opportunités et en défis
Marchés développés sous pression
Après un succès retentissant au Vénézuéla, l’administration américaine espérait une issue similaire en Iran, mais malgré six mois de frappes intensives, le pays refuse de céder. Pire : le détroit d’Ormuz reste largement bloqué, tandis qu’en mer Rouge, les Houthis intensifient leurs attaques contre les intérêts saoudiens, aggravant les tensions régionales.
Cette instabilité géopolitique, couplée à la destruction d’infrastructures énergétiques dans le Golfe, en Ukraine et en Russie, fait flamber les prix des hydrocarbures. Aux États-Unis, le diesel atteint des sommets (6$ le gallon). Les rendements obligataires remontent globalement ; l’obligation du Trésor américain à 10 ans a ainsi dépassé le niveau des 5% ce lundi.
Dans ce contexte troublé, les investisseurs s’étaient focalisés sur l’IA, secteur en plein boom, mais les incertitudes s’accumulent. Les doutes sur la rentabilité des « hyperscalers » persistent, et plusieurs dirigeants des plus grandes sociétés d’IA alertent désormais sur les risques de sécurité, appelant à ralentir son développement. En-dehors de la cybersécurité, les investisseurs désertaient la galaxie IA en début de semaine.
Que l’on croie dans l’IA ou pas, nous avons suggéré à plusieurs reprises cette année de se diversifier en-dehors des « hyperscalers », et de revisiter certains secteurs et zones géographiques qui bénéficient des avancées dans l’IA. En particulier, l’IA nécessite énormément d’énergie et de matières premières pour fonctionner. La région du monde dont il est question ici semble particulièrement bien positionnée pour en profiter.
L’Amérique latine : un continent jeune, énergétique et abondant en matières premières
L’Amérique latine renvoie à des images paradisiaques de plages de sable fin, de soleil abondant, de forêts luxuriantes, de fleuves et de chutes d’eau vertigineuses. Et de fait, cette région est bien exposée aux énergies renouvelables et tente aujourd’hui de capitaliser sur ces ressources inépuisables que sont le soleil, l’hydro-électrique et l’éolien.
Avec sa population jeune et abondante, la région attire les délocalisations et la sous-traitance, notamment depuis les États-Unis.
Le continent dispose également de grandes réserves d’énergies fossiles, de cuivre, de lithium, de terres rares, et autres minerais indispensables aux batteries, à l’IA et aux technologies vertes.
Les bourses latino-américaines tirent leur force des matières premières et de l’énergie, qui représentent à elles seules plus d’un tiers de l’indice MSCI Latin America (indice boursier composé de 83 grandes entreprises locales). Le Brésil domine l’indice (60%), suivi du Mexique (25%), tandis que le Chili, la Colombie et le Pérou se partagent le reste (15%). Avec un gain de +15% depuis début 2026 (au 15 septembre), la région surperforme les marchés mondiaux (+10%).
Le secteur financier latino-américain (1/3 de l’indice) surfe sur des atouts majeurs : facteurs démographiques porteurs (population jeune et de plus en plus bancarisée), besoins immenses en infrastructure (à financer), couvertures de risques liés à des marchés en développement, mais aussi une plus grande orthodoxie monétaire et budgétaire ainsi que des réformes institutionnelles. Tous ces éléments sont autant de soutiens pour le secteur financier.
Défis politiques et économiques
L’Amérique latine reste freinée par des défis structurels persistants. Elle peine à surmonter l’instabilité politique, la corruption systémique et l’insécurité, souvent liées à l’influence des cartels. Ce climat défavorable étouffe l’innovation et limite la diversification économique : les bourses locales manquent d’entreprises de pointe (technologiques, pharmaceutiques, biotechs, etc.).
La croissance atone (2 à 2,5% par an) est en deçà des performances d’autres régions émergentes (Chine : 4 ,5 %, Inde : 7 à 8 %) et aggrave les tensions sociales. Dans ce contexte, les discours populistes et extrémistes gagnent du terrain, comme en Argentine ou au Chili. Au Brésil, l’ombre de Jair Bolsonaro plane toujours : bien qu’emprisonné pour sa tentative de coup d’État post-électoral (janvier 2023), il a désigné son fils Flavio comme candidat pour la présidentielle d’octobre 2026. Ce dernier, désormais au coude-à-coude avec Lula dans les sondages, incarne la polarisation croissante du pays.
L’Amérique latine a toutefois beaucoup pour réussir, à condition de surmonter ses blocages. Ses dirigeants doivent accélérer les réformes structurelles (gouvernance, sécurité) pour déverrouiller son immense potentiel. En attendant, ses bourses, portées par des secteurs-clés (énergie, matières premières, finance), offrent déjà des opportunités tangibles. Une raison de plus pour s’y intéresser sans tarder, avant qu’une relative stabilité politique et un cadre plus propice à l’investissement ne viennent amplifier ces atouts.
Chiffres clés du 16/9/2026
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| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5724,35 |
-0,09% |
12,72% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
634,18 |
-0,28% |
7,09% |
| USA: S&P 500 |
7585,73 |
-0,45% |
10,81% |
| Japon: Nikkei |
63484,10 |
-0,01% |
26,11% |
| Chine: Shangai Composite |
3864,28 |
-0,54% |
-2,63% |
| Hongkong: Hang Seng |
24667,24 |
-1,00% |
-3,76% |
| Euro/dollar |
1,15 |
0,05% |
-1,71% |
| Brent pétrole |
108,74 |
3,08% |
77,25% |
| Or |
4265,50 |
-0,49% |
-0,99% |
| Taux belge à 10 ans |
4,17 |
|
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| Taux allemand à 10 ans |
3,56 |
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| Taux américain à 10 ans |
5,00 |
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