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Le marché après une semaine de guerre en Iran
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9 MARS

Le marché après une semaine de guerre en Iran

9-3-2026
Patrick Casselman – Senior Equity Specialist
Patrick Casselman Senior Equity Specialist
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Rédigé le 9-3-2026 09:28
Publié le 9-3-2026 09:28
L’escalade militaire dans le Golfe Persique s’est traduite la semaine dernière par une envolée historique des prix de l’énergie et une réaction typique d’aversion au risque sur les marchés financiers.
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Sommaire

  • Tensions en Iran : le pétrole et les marchés s’emballent après la fermeture du détroit d’Ormuz.
  • Les bourses reculent, mais l’énergie et la défense profitent de la crise.
  • L’inflation et l’emploi sont sous surveillance aux Etats-Unis.
  • La suite dépend d’un seul mot : désescalade.

Le conflit militaire engendre la fermeture du détroit d’Ormuz…

En dépit de la menace militaire qui pesait déjà sur la région les semaines précédentes, l’offensive radicale lancée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran a tout de même fait l’effet d’une surprise, en particulier dans le contexte des négociations en cours au sujet d’un accord nucléaire. La mort de l’ayatollah Khamenei et les représailles de l’Iran, qui ont conduit de facto à la fermeture du détroit d’Ormuz, sont également des rebondissements surprenants, qui font que le conflit militaire actuel est plus grave que, par exemple, les attaques contre les installations nucléaires iraniennes en juin dernier.

… et une envolée des prix du pétrole et du gaz

Et comme rien ne permet à ce stade de prévoir la fin des hostilités ou une réouverture du Golfe Persique, les prix du pétrole et du gaz poursuivent leur ascension. Le prix du baril de Brent a grimpé de 30% en glissement hebdomadaire jusqu’à 92 USD, de sorte que la hausse depuis le début de l’année se chiffre désormais à 50%. En Europe, les prix du gaz ont eux aussi connu une envolée mémorable la semaine dernière (+80%) du fait qu’environ 10% du gaz européen est importé du Qatar, lequel a temporairement suspendu sa production de GNL. Sans compter que les réserves européennes étaient déjà réduites à moins de 30% à la fin de l’hiver, notamment à cause du repli des importations de gaz russe…

Pour l’inflation et l’économie, le conflit a assez duré

Les retombées potentielles de ce conflit militaire sur l’économie réelle se manifestent surtout par une hausse des prix de l’énergie et par un effet inhibiteur sur la demande, auxquels s’ajoute l’effet de l’incertitude sur les investissements et les voyages internationaux. Les économistes partent du principe que si le prix du pétrole se maintient pendant plusieurs semaines à plus de 100 USD, l’impact sur l’inflation et sur l’économie sera significatif. Reste donc à espérer que cette nouvelle semaine nous réserve un revirement qui ouvrira la voie à une réouverture du Golfe Persique et une détente des prix de l’énergie. Il pourrait s’agir de négociations au sujet d’un cessez-le-feu, d’un changement de régime, ou encore d’une neutralisation suffisante de la puissance militaire de l’Iran. Donald Trump compte, avant tout, sur ce dernier scénario, mais son objectif ultime reste, sans doute, un changement de régime en Iran. La seule chose susceptible de le faire changer d’avis serait une hausse excessive des prix du pétrole qui ferait plonger les bourses. Car il n’a évidemment aucune envie d’aborder en novembre les élections de mi-mandat avec une inflation en pleine accélération et une croissance économique en déclin…

La situation en bourse

Alors que les premières réactions avaient été plutôt modérées (parce que les marchés pensaient que le conflit armé serait de courte durée), l’escalade des hostilités laisse tout de même des marques visibles en bourse au terme de cette première semaine de guerre. Si le S&P 500 trahit un repli de seulement 2% en glissement hebdomadaire, les bourses européennes et asiatiques ont, pour leur part, chuté de plus de 5% en raison de leur plus grande sensibilité à la remontée abrupte des prix de l’énergie. Les cours les plus touchés se situaient dans les secteurs cycliques, fortement tributaires de la conjoncture et de l’énergie : l’industrie chimique, les métaux, les matériaux de construction, le secteur automobile, l’industrie, les biens de consommation durables (par exemple les articles de luxe) et les valeurs financières. Les secteurs défensifs se sont, quant à eux, montrés plus résilients. Les seuls secteurs à avoir pu progresser, dans ce contexte, ont été celui de l’énergie et l’industrie de la défense.

Les valeurs refuges du moment

Contrairement à ce que l’on observe habituellement pendant les épisodes d’aversion au risque, les obligations d’Etat n’ont pas été prises d’assaut la semaine dernière. Les taux à long terme ont même grimpé (en moyenne de 20 points de base) du fait de la hausse attendue de l’inflation, qui fait que les banques centrales se montreront moins enclines à abaisser encore les taux directeurs. Au pays des devises, on a observé une fuite, non seulement, vers le franc suisse, mais aussi, en direction du dollar américain, qui a ainsi pu se remettre de sa dépréciation du début d’année. Au lendemain de l’éclatement du conflit, les prix de l’or et de l’argent sont parvenus à profiter de l’aversion au risque, mais ils sont ensuite retombés sous l’effet de la vigueur de l’USD.

Une inflation européenne en hausse, un marché de l’emploi américain en déclin

La semaine dernière a été marquée par la publication de nombreuses statistiques économiques relatives au mois de février. Les indicateurs de confiance comme l’ISM et les PMI ont connu une évolution favorable jusqu’au mois dernier et laissaient même présager un rétablissement de l’industrie, mais c’était évidemment avant la potentielle perte de confiance que le conflit au Moyen-Orient pourrait provoquer.

On dénombrait toutefois quelques déceptions également, parmi lesquelles un rebond inattendu de l’inflation européenne, de 1,7% à 1,9%, et un net affaiblissement du marché de l’emploi américain en dépit de la résilience de l’économie. 92.000 emplois sont passés à la trappe en février, alors que l’on tablait sur une création d’emploi de plus de 55.000 unités. La création d’emploi des deux mois précédents a également été revue à la baisse de 69.000 unités et le taux de chômage est passé de 4,3% à 4,4%. A n’en pas douter, le marché de l’emploi américain souffre de l’incertitude au sujet des droits de douane et du remplacement progressif de la main-d’œuvre par l’intelligence artificielle. 
Bien que ces évolutions augmentent la probabilité d’un nouvel abaissement des taux par la Fed au mois de juin, la décision finale dépendra, tout de même et avant tout, de la mesure dans laquelle l’inflation s’accélérera dans les mois qui viennent sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie.

Dans les jours et les semaines à venir, il nous faudra donc surveiller principalement la situation en Iran et la normalisation de la navigation dans le détroit d’Ormuz.

Chiffres clés du 6/3/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5194,95 -1,24% 2,29%
Europe: Stoxx Europe 600 598,69 -1,02% 1,10%
USA: S&P 500 6740,02 -1,33% -1,54%
Japon: Nikkei 55620,84 0,62% 10,49%
Chine: Shangai Composite 4124,19 0,38% 3,91%
Hongkong: Hang Seng 25757,29 1,72% 0,49%
Euro/dollar 1,16 -0,03% -1,41%
Brent pétrole 92,61 8,39% 50,95%
Or 5087,75 -1,28% 18,10%
Taux belge à 10 ans 3,42
Taux allemand à 10 ans 2,86
Taux américain à 10 ans 4,15
Source : Factset

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