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10 AOÛT

Les bourses en mode estival

10-8-2026
Patrick Casselman – Senior Equity Specialist
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Rédigé le 10-8-2026 08:11
Publié le 10-8-2026 08:11
La croissance bénéficiaire supérieure aux attentes et l’espoir d’un accord au sujet du détroit d’Ormuz et d’une diminution de l’inflation ont propulsé plusieurs bourses vers de nouveaux records la semaine dernière.
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Sommaire

  • Nouveaux records
  • Toujours des doutes au sujet de la réouverture du détroit d’Ormuz
  • Des indicateurs macroéconomiques encourageants
  • Le refroidissement du marché de l’emploi n’incite pas à relever rapidement les taux
  • La croissance bénéficiaire historiquement élevée est le principal catalyseur

Nouveaux records

Après avoir traversé en juin et juillet une phase de consolidation marquée par une correction du complexe technologique et du segment de l’IA et par une rotation vers les secteurs plus traditionnels, les bourses américaines et européennes se sont lancées depuis la fin juillet dans un rallye estival qui a permis à plusieurs indices d’atteindre de nouveaux records. La semaine dernière, les bourses européennes ont à nouveau grimpé de quelque 2% en moyenne, contre 3,5% pour le S&P 500 et même 5% pour le Nasdaq. Dans l’intervalle, les marchés des actions ont accumulé depuis le début de l’année des gains d’environ 12 à 13% tant en Europe qu’aux Etats-Unis. En termes de secteurs, ce sont surtout les technologies et les valeurs de croissance qui menaient la danse, avec une belle prestation également des secteurs de la finance, de l’industrie et des matériaux. Sur les marchés des matières premières, nous épinglerons le retour en force de l’or et de l’argent ainsi que le nouveau record du cuivre. 
D’importants catalyseurs résidaient récemment dans la résilience des indicateurs économiques, la croissance bénéficiaire supérieure aux attentes et le léger recul accusé par les taux obligataires (-8 points de base) grâce à l’espoir d’un accord au sujet du détroit d’Ormuz, lequel a fait baisser les prix du pétrole (-8%) et les prévisions d’inflation. 

Toujours des doutes au sujet de la réouverture du détroit d’Ormuz

Pour ce qui est du détroit d’Ormuz, la situation reste résolument floue et instable. Donald Trump a à nouveau fait miroiter à plusieurs reprises l’imminence d’un accord avec l’Iran, mais a systématiquement essuyé un démenti du régime iranien. L’Iran a en revanche conclu dans l’intervalle un accord avec le sultanat d’Oman au sujet d’un contrôle conjoint du détroit d’Ormuz. Cet accord prévoit que les navires accèdent au Golfe Persique par un couloir de navigation contrôlé par l’Iran et en ressortent par les eaux omanaises, mais ne semble pas pour autant rouvrir entièrement le détroit d’Ormuz. Téhéran veut en effet en interdire l’accès aux navires des Etats-Unis, d’Israël et de ses autres ennemis et exiger des navires autorisés à emprunter le détroit un droit de passage de 5% à 7% de la valeur de la cargaison, conditions qui sont rejetées par Washington. L’Iran continue à conditionner d’éventuelles négociations ou d’éventuels accords avec les Etats-Unis à la levée de toutes les sanctions et l’indemnisation intégrale des dommages causés par la guerre. On est donc encore bien loin d’un véritable accord, et la perception que le marché en avait la semaine dernière était donc probablement un peu trop optimiste. 

Des indicateurs macroéconomiques encourageants

Quoi qu’il en soit, l’économie américaine et l’économie européenne résistent ces derniers mois plutôt bien aux menaces militaires, aux perturbations des chaînes d’approvisionnement et au niveau élevé des prix du pétrole. Dans la zone euro, le PMI composite reflétant la confiance des entrepreneurs est passé de 50 points en juin à 52 points en juillet, atteignant ainsi son niveau le plus élevé des huit derniers mois. La reprise est surtout perceptible dans l’industrie et le secteur de la construction. Aux Etats-Unis, l’indicateur ISM de l’industrie a même atteint 55,6 points, son niveau le plus élevé depuis mai 2022, tandis que l’indicateur du secteur des services est resté stable à un niveau tout à fait méritoire de 54 points. A noter que l’activité industrielle profite notamment des investissements substantiels dans les centres de données et l’énergie. 

Le refroidissement du marché de l’emploi n’incite pas à relever rapidement les taux

Le marché de l’emploi américain renvoie, en revanche, une image moins réjouissante : alors que les prévisions tablaient pour juillet sur la création de 83.000 nouveaux emplois, le mois dernier s’est finalement soldé par la perte de 23.000 emplois. Quant aux chiffres rapportés pour mai et juin, ils ont été revus à la baisse de 100.000 unités au total. Les suppressions ont principalement touché le secteur public et le secteur des services et sont à attribuer aux restrictions budgétaires et aux gains de productivité générés par l’IA. Assez étonnamment, le taux de chômage a tout de même légèrement diminué, retombant de 4,2 à 4,1%. Ce constat est à attribuer à une diminution de la population active due au fait que le taux de participation au marché du travail est retombé à 61,4%. L’augmentation moyenne des salaires a également diminué de 3,5% à 3,2%, de sorte que ce rapport sur l’emploi ne fournit à la Fed aucun argument pour relever les taux. Reste à voir ce qu’il adviendra des autres composantes de l’inflation, comme le prix du pétrole…

La croissance bénéficiaire historiquement élevée est le principal catalyseur

Peut-être vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les bourses battent des records en cette période marquée par des tensions géopolitiques, une inflation élevée et des taux d’intérêt en hausse. La réponse : tout simplement parce que le principal catalyseur des cours des actions demeure la croissance bénéficiaire. Et à cet égard, les bonnes surprises s’enchaînent et la croissance bénéficiaire affiche même un niveau historiquement élevé. Aux Etats-Unis, 86% des entreprises ont jusqu’ici dépassé les attentes en termes de bénéfices et la croissance bénéficiaire moyenne s’est révélée près de deux fois supérieure aux attentes pourtant exigeantes, il est vrai parfois sous l’effet d’éléments exceptionnels. La croissance bénéficiaire semble toutefois en proie à une nette accélération en Europe également. Nombre d’entreprises profitent en effet des investissements colossaux dans l’IA et des besoins inhérents en termes d’infrastructure et d’énergie. De plus, elles jouissent de ce fait, mais parfois aussi en raison des perturbations des chaînes d’approvisionnement dues à la situation dans le Golfe Persique, d’un excellent "pricing power" qui, combiné à l’amélioration de l’exploitation de la capacité, leur permet d’accroître leurs marges. 
Les réactions des cours aux publications individuelles des bénéfices sont parfois très violentes et ne sont pas toujours proportionnelles à l’ampleur du dépassement des attentes. En outre, il arrive parfois que la publication de bénéfices supérieurs aux attentes, après une précédente hausse vigoureuse du cours, serve de prétexte à des prises de bénéfices. Pour les investisseurs, la sélectivité reste donc essentielle : mieux vaut opter pour la qualité, la visibilité de la croissance bénéficiaire, des bilans solides et des valorisations raisonnables que suivre aveuglément la tendance dominante.
 

Chiffres clés du 3/8/2026 au 7/8/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5777,71 1,62% 13,77%
Europe: Stoxx Europe 600 660,25 1,70% 11,49%
USA: S&P 500 7757,64 3,58% 13,32%
Japon: Nikkei 65606,71 1,93% 30,33%
Chine: Shangai Composite 3940,04 2,81% -0,73%
Hongkong: Hang Seng 25668,03 -0,84% 0,15%
Euro/dollar 1,16 0,42% -1,63%
Brent pétrole 83,57 -13,80% 36,22%
Or 4301,85 6,16% -0,14%
Taux belge à 10 ans 3,65
Taux allemand à 10 ans 3,14
Taux américain à 10 ans 4,64

Source : Factset

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