Menu
La banque d'un monde qui change
Les marchés des matières premières se heurtent à leurs limites physiques
Actualité Suivre Suivre la catégorie
18 AOÛT

Les marchés des matières premières se heurtent à leurs limites physiques

18-8-2026
Mattias Demets – Investment Strategy Advisor
Mattias Demets Investment Strategy Advisor
Suivre Suivre l'expert
Voir tous les experts
Rédigé le 18-8-2026 08:34
Publié le 18-8-2026 08:34
La Russie rationne le diesel, les stocks de gaz européens affichent pour la saison leur niveau le plus bas en 10 ans et le cuivre est en "short squeeze" au London Metal Exchange. Des problèmes dont le Moyen-Orient n’est pas la seule cause…
Lire plus tard
Twitter LinkedIn Email Imprimer

Sommaire

  • Le conflit au Moyen-Orient semble encore bien loin d’être résolu, mais la plus forte pénurie n’est pas celle du pétrole brut. 
  • A l’heure où la Russie se met à rationner le diesel, l’Europe s’inquiète du niveau historiquement bas de ses réserves de gaz. 
  • Sur le London Metal Exchange, les stocks de cuivre continuent à baisser. 
  • L’agitation qui secoue les marchés des matières premières est symptomatique de la lutte pour le pouvoir qui se joue à l’échelon mondial sur la scène géopolitique.

Nouvelle impasse

Les récentes dépêches en provenance du Moyen-Orient n’ont pour la plupart rien de réjouissant. Au Liban, les combats entre Israël et le Hezbollah ont repris depuis peu, tandis que Donald Trump a à nouveau menacé de bombarder Oman si le pays se met en travers du blocus naval américain. Après tout, le sultanat est tout de même le partenaire de négociation de l’Iran… Le président américain a par ailleurs indiqué qu’il ne se laisserait pas mettre sous pression par la perspective des élections de mi-mandat. Pour une impasse, celle-ci est assurément de taille…

Les transbordements d’un navire à l’autre maintiennent le marché du pétrole à flot

Contrairement à ce que les analystes auraient eu tendance à prédire en février, le marché du pétrole n’est jusqu’à présent pas le plus touché par le conflit. Le baril de Brent se paie actuellement environ 90 dollars. Un prix considérable, certes, mais néanmoins bien inférieur aux cours de plus de 110 dollars qui ont été observés plus tôt dans l’année. Il apparaît de plus en plus clairement que les barils sont beaucoup plus nombreux à transiter par le détroit d’Ormuz qu’on ne le pensait initialement. Les armateurs pétroliers les moins frileux empruntent de nos jours le détroit d’Ormuz pour ensuite transborder leurs cargaisons sur d’autres pétroliers dans le Golfe d’Oman. Les images des satellites soutiennent cette thèse en montrant, juste au-delà du détroit d’Ormuz, des dizaines de pétroliers accouplés en plein transbordement.

Le plus gros problème est la capacité de raffinage

La pénurie la plus cuisante touche en ce moment les produits raffinés. Plusieurs régions de Russie se sont dernièrement mises à rationner le carburant, ce qui en dit long sur l’impact des attaques de drones ukrainiennes ciblant l’intérieur de la Russie. La capacité de raffinage de la Russie, qui représentait entre 6 et 7 millions de barils par jour avant la guerre, a été réduite à moins de 4 millions de barils par jour par les nombreuses attaques de drones. Le raffinage du pétrole en diesel coûte désormais presque autant que le pétrole brut lui-même… 

Les stocks de gaz européens affichent un niveau historiquement bas

A la pénurie des produits raffinés viennent s’ajouter les défis rencontrés par le marché gazier, qui transparaissent de plus en plus clairement dans les chiffres des stocks de gaz européens. Ces réserves affichent en effet un taux de remplissage d’environ 60%, soit le pourcentage le plus bas des 10 dernières années. A cette période de l’année, les réserves sont en moyenne remplies à 80%. Les importations de GNL en provenance du Moyen-Orient sont pour ainsi dire au point mort et la sécheresse en Europe a malheureusement des retombées également. Du fait du repli de la production d’énergie nucléaire et d’énergie hydraulique, la génération d’électricité nécessite toujours d’importantes quantités de gaz, et ce en dépit de la production croissante d’énergie renouvelable. Le TTF néerlandais, référence du marché européen, cotait hier à plus de 61 dollars par MWh, se rapprochant ainsi de son niveau le plus élevé de l’année. 

La faiblesse des stocks ne touche pas que le gaz

Le marché pétrolier et gazier prouve que même si les marchés financiers parviennent à se positionner, la réalité physique finit toujours par prendre le dessus. Cette zone de tension est la plus visible sur le London Metal Exchange, qui est actuellement en proie à un "short squeeze". Les spéculateurs qui avaient misé sur une baisse du prix du cuivre se retrouvent à présent confrontés à des stocks historiquement bas. En cause ? Les négociants qui, dans une tentative de se positionner en prévision d’éventuels droits de douane américains, transfèrent massivement des stocks de l’Europe (LME) vers les Etats-Unis. Les parties qui avaient spéculé sur une baisse du prix sont donc à présent fiévreusement à la recherche du peu de matériau physique restant pour clôturer leurs positions. Paradoxalement, cette pénurie créée artificiellement a malheureusement un impact bien réel sur le prix de nombreux produits, en particulier en Europe. 

La concurrence entre les grandes puissances comme principale cause

Plus que jamais, les marchés des matières premières sont au cœur de la lutte pour le pouvoir qui se joue à l’échelon mondial sur la scène géopolitique, avec les Etats-Unis, l’Ukraine, la Russie et l’Iran comme principaux protagonistes. La volatilité du prix du cuivre est quant à elle symptomatique de la lutte pour le pouvoir que se livrent les Etats-Unis et la Chine, Donald Trump ne ménageant aucun effort pour prendre le contrôle des secteurs stratégiques, dont la production de cuivre fait assurément partie. Le succès de cette stratégie demeure cependant un grand point d’interrogation, car les négociants finissent toujours par trouver un moyen d’acheminer les produits de l’autre côté de l’océan au meilleur prix. C’est vrai pour le cuivre, et ça l’est aussi pour le pétrole. Les images du Golfe d’Oman qui nous parviennent en ce moment par satellite ne mentent pas…
 

Chiffres clés du 18/8/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5762,49 1,73% 13,47%
Europe: Stoxx Europe 600 656,41 -0,22% 10,84%
USA: S&P 500 7745,06 -0,52% 13,14%
Japon: Nikkei 69220,25 0,74% 37,51%
Chine: Shangai Composite 3982,65 1,41% 0,35%
Hongkong: Hang Seng 25453,23 1,34% -0,69%
Euro/dollar 1,16 0,05% -1,34%
Brent pétrole 90,82 2,62% 48,04%
Or 4393,60 1,00% 1,99%
Taux belge à 10 ans 3,76
Taux allemand à 10 ans 3,23
Taux américain à 10 ans 4,72
Source: Factset

Vous êtes client·e Priority Banking Exclusive, Private Banking ou Wealth Management ?

Inscrivez-vous à notre newsletter quotidienne et/ou à notre newsletter hebdomadaire.

Je m’abonne

Votre expert

Mattias Demets Investment Strategy Advisor
Suivre Suivre l'expert
Voir tous les experts
Partagez :
Lire plus tard
Les opinions exprimées sur ce site sont celles des auteurs et ne représentent pas nécessairement la position de BNP Paribas Fortis

Rejoignez MyExperts

Déjà inscrit ?

Connectez-vous pour lire l'article.

Pas encore de compte ? S'inscrire